La CES dénonce une réponse insuffisante de la Commission européenne
Le 22 avril 2026, la Commission européenne a présenté sa communication intitulée « AccelerateEU » qui vise à apporter un soutien rapide aux ménages et aux entreprises les plus touchés par la hausse des prix de l’énergie et le coût de la vie. Il prévoit notamment des mesures d’aide ciblées sous forme de soutien financier, ainsi que des mesures pour accélérer le développement des énergies renouvelables et améliorer l’efficacité énergétique. L’objectif global est de répondre aux pressions actuelles sur les prix de l’énergie tout en renforçant la résilience économique et en accompagnant la transition énergétique en Europe.
Dans la Communication, la Commission souligne le danger lié à la dépendance de l'Europe vis-à-vis des importations de énergies fossiles (57 % de l'énergie consommée en Europe provient d'énergies fossiles importées). En 2025, l'UE a importé pour environ 340 milliards d'euros d'énergies fossiles et depuis le début du conflit au Moyen-Orient, elle a dépensé 24 milliards d'euros supplémentaires pour ses importations d'énergies fossiles. La Commission souligne également les répercussions possibles sur la croissance du PIB et l'inflation, étant donné qu'il est difficile de prévoir la durée du conflit, et met en garde contre les conséquences économiques, sociales et en matière d'emploi.
Même si l’UE essaie de produire de l’électricité avec moins de de combustibles fossiles, ces énergies, notamment le gaz et le pétrole restent importants surtout dans l’industrie, le transport, chauffage des bâtiments et constituent des éléments essentiels des chaînes de production industrielles (p.ex. dans les secteurs de la chimie, des plastiques et des engrais). Les salariés et les entreprises vont donc être confrontés à des hausses de prix considérables et, compte tenu de la situation actuelle, la Commission demande donc que des mesures rapides et temporaires soient prises.
Elle souligne par ailleurs que cette situation nous rappelle la nécessité d'accélérer l'électrification, le développement de la production nationale d'énergie propre et la transition énergétique. Enfin elle affirme que la transition vers un système énergétique propre, abondant, local, sûr et abordable n'a jamais été uniquement une nécessité climatique et environnementale ; mais également un impératif socio-économique, de compétitivité et de sécurité.
5 domaines clés de la Commission européenne :
· Une meilleure coordination entre les EM et avec les partenaires internationaux :
· Encourager les EM afin de protéger le consommateur, les industries des hausses de prix et en parallèle les aider dans la transition énergétique ;
· Accélérer la transition à des énergies locales propres et à l’électrification ;
· Intensifier notre production d’énergie ;
· Stimuler les investissements en mobilisant les fonds publics et privés pour la transition énergétique.
Dans un communiqué publié le même jour, la CES qualifie la communication de la Commission comme « boîte à outils incomplète ». En effet elle ne permettra pas à aboutir à l'approche coordonnée, car de nombreux États membres ne disposent ni de la marge de manœuvre budgétaire ni de la capacité d'emprunt nécessaires pour atteindre les objectifs de la Commission. La CES appelle notamment à :
- Une suspension des règles budgétaires de l’UE : les États membres doivent disposer de la marge budgétaire nécessaire pour soutenir une transition juste pour les travailleurs, tout en aidant les ménages concernés ;
- Une augmentation des investissements publics dans les infrastructures : les capitaux privés peuvent compléter l’action publique, mais ils ne peuvent pas s’y substituer ;
- SURE 2.0 : en s’appuyant sur le modèle de l’instrument SURE qui a permis de sauvegarder des emplois pendant la pandémie, l’Europe doit protéger les emplois, les revenus et la production dans les secteurs touchés, y compris les transports ;
- Conditionnalités sociales : toute aide publique accordée aux entreprises pour les soutenir durant la crise doit être conditionnée à la protection des emplois et des conditions de travail, et à la réinjection des bénéfices plutôt qu’à leur distribution aux actionnaires ou aux dirigeants ;
- Taxation des profits exceptionnels des entreprises énergétiques : des mesures doivent être prises pour mettre fin aux profits excessifs des géants de l’énergie, qui gagnent environ 80 millions d’euros par jour, ce qui augmente les prix dans toute l’économie et alimente l’inflation ;
- Une réforme du marché de l’électricité : même lorsque les énergies renouvelables sont majoritaires, le gaz continue trop souvent à fixer les prix de gros et cela au détriment des travailleurs et des entreprises.
