Le centre droit fait une nouvelle fois alliance avec l’extrême droite - l’OGBL et le LCGB dénoncent une tendance inquiétante
Le 17 juin, les députés du Parlement européen sont parvenus à un accord politique sur le « règlement relatif aux retours », qui met en place un système commun pour le retour des ressortissants de pays tiers en situation irrégulière dans l’Union. Le texte convenu a été approuvé par le Parlement européen lors d’un vote en séance plénière (418 voix pour, 218 contre et 30 abstentions). Les députés européens d’extrême droite, qui ont obtenu ce résultat grâce à une alliance avec le centre droit au Parlement, n’ont pas caché leur joie et ont célébré le résultat en scandant dans l'hémicycle « Send them back ! »
Les organisations syndicales luxembourgeoises OGBL et LCGB dénoncent avec véhémence cette alliance tactique entre le centre droit et l’extrême droite. Ils regrettent que le PPE (Parti populaire européen) du Parlement européen, auquel appartient également le parti luxembourgeois CSV, vote de plus en plus souvent aux côtés des forces d’extrême droite en faveur de mesures antisociales et considèrent cette évolution comme particulièrement préoccupante, surtout à la lumière de la récente victoire électorale de l’AfD, parti d’extrême droite allemande, en Saxe-Anhalt. Les deux eurodéputées luxembourgeoises du CSV, Martine Kemp et Isabel Wiseler-Lima, ont d’ailleurs aussi voté en faveur du texte.
Cette nouvelle législation renforcera les procédures de retour des ressortissants de pays tiers en situation irrégulière. Elle prévoit leur départ immédiat ou dans un délai fixé par les autorités, et élargit le recours à la détention dont la durée pourra aller jusqu’à 24 mois, avec une prolongation possible de 6 mois, y compris pour les enfants. Elle permettra également leur transfert vers des « centres de retour » situés hors de l’UE, sur la base d’accords avec des pays tiers, ainsi que des enquêtes et perquisitions visant à préparer leur renvoi.
L’OGBL et le LCGB se rallient à la position de la Confédération européenne des syndicats (CES) et soulignent que cette approche ne fera qu’aggraver la situation d’irrégularité et l’exploitation de ces personnes déjà vulnérables. Cette approche risque en effet de créer un climat de peur et de rendre ces personnes encore plus vulnérables face à leurs exploiteurs, par crainte de signaler les abus dont elles sont victimes. En revanche, il faudra plutôt mettre en place des moyens pour lutter contre toute forme d’exploitation et favoriser l’intégration sur le marché du travail.
Communiqué par le SECEC le 10.09.2026
